CNJE-junior-entreprise

Vers un archétype du Profil Junior-Entrepreneur

La Confédération Nationale des Junior-Entreprises a publié, en Novembre dernier, un rapport article définissant le profil type du Junior-Entrepreneur. Celui-ci fait le point sur les savoirs, savoir-être et savoir-faire du ces étudiants et identifie des compétences particulière en gestion de projet et d’équipe ainsi qu’un fort esprit d’entreprise. Ironiquement, il apparait que le Junior-Entrepreneur n’est pas un entrepreneur à proprement dit puisque au cours de son expérience il ne créé pas d’entreprise mais il ressort de cette analyse un profil de parfait intra-preneur !

L’article est disponible dans sa globalité ci-dessous et sur la plateforme talents.je à l’adresse :
http://talents.je/#/article/vers-un-archetype-du-profil-junior-entrepreneur/21/11/2014/199

L’archétype du Junior-Entrepreneur

Depuis 45 ans maintenant les Junior-Entreprises répondent chaque année à plus de 2600 problématiques d’entreprises. Autant de missions qui mobilisent près de 17600 étudiants intervenants eux même managés par 2200 Junior-Entrepreneurs. Ces associations fonctionnent sur le modèle des cabinets de conseil qui se composent ainsi d’étudiants administrateurs (manager de projet en contact direct avec le client) et d’étudiants intervenants (consultants). Ces derniers ne prennent pas part à la gestion quotidienne de la Junior-Entreprise.

Le Junior-Entrepreneur qui administre sa Junior-Entreprise est donc un étudiant qui s’engage dans un environnement associatif marqué par une dimension d’entreprise. Au cours de ces premières expériences il va mobiliser ses savoirs, développer ses savoir-faire et affiner son savoir-être.

Sa formation dans l’enseignement supérieur lui permet de mobiliser ses connaissances sur un cas concret tel que le pilotage de la Junior-Entreprise ou la problématique d’un client (en rédigeant le cahier des charges de l’étude par exemple). En pilotant la structure ou en mettant en pratique ses savoirs théoriques sur la problématique de son client, il développe ses savoir-faire, autrement dit ses compétences techniques. Le suivi de ses projets et des intervenants, ainsi que la gestion de l’équipe d’administrateurs, lui permettent d’affuter son savoir être en milieu professionnel.

Face aux problématiques des clients qu’il rencontre l’étudiant adopte une posture d’entrepreneur. Il est d’abord à l’écoute de son client, il observe et assimile le problème à résoudre, centralise l’information pour organiser le projet à venir et apporte des solutions aux problématiques rencontrées. Il est alors un entrepreneur qui fait preuve de pro-activité et arrive à passer de la simple idée à un projet clairement défini.

Une fois le projet lancé, le Junior-Entrepreneur adopte une posture managériale. Il suit son projet, contrôle les tâches, analyse les résultats en cours, met à jour la planification initiale et surtout encadre une équipe de bénévoles en vue d’atteindre des objectifs précis. Cet encadrement réalisé par les Junior-Entrepreneurs est complexe à gérer puisqu’il doit faire face à des intervenants qui sont bien souvent des amis et des collaborateurs. Pour autant cette complexité est à l’origine d’une incroyable richesse.

La Junior-Entreprise est riche d’enseignement car elle est au croisement du monde professionnel et du monde associatif. De ce fait, elle devient très vite le théâtre d’un entrelacement de relations à la fois professionnelles et amicales. Le Junior-Entrepreneur doit dès lors juger objectivement du travail réalisé par les étudiants; le tout dans un cadre associatif qui écarte les outils de motivation traditionnels tel que le levier financier pour les administrateurs ou encore le contrat de travail pour les intervenants. De cette posture managériale en découle l’apprentissage de méthodes de management très particulières, à la fois souples et exigeantes où l’équilibre et la prise du recul sur les relations est le maitre mot de l’expérience en Junior-Entreprise.

En évoluant dans cet environnement hétérogène composé de professionnels, d’étudiants et du corps administratif de son établissement, les Junior-Entrepreneurs sont fortement responsabilisés car livrés à eux même face à leurs divers interlocuteurs. Cette prise de responsabilité s’illustre notamment dans la prise de décision. Qu’il soit dans une posture d’entrepreneur ou de manager le Junior-Entrepreneur est constamment amené à faire des choix dans l’intérêt d’un tiers (ses clients ou ses partenaires) ou dans le cadre du pilotage de la structure. Cette capacité à prendre des décisions est au fondement de la prise de responsabilité.

Loin d’être un moule, la Junior-Entreprise place ces étudiants dans des situations diverses et variées. Pour autant chaque situation nécessite d’une part d’alterner les postures et d’autre part de conserver une attitude responsable. Au sortir de cette expérience singulière nous pouvons dire que les étudiants gagnent en maturité et prennent une avance considérable pour s’insérer dans le monde professionnel.

Fort de ces constats, l’étudiant Junior-Entrepreneur n’est pas un entrepreneur. Il ne crée pas nécessairement d’entreprises, ou ne démarre pas une nouvelle activité.

En rejoignant une organisation déjà établie où le climat social est par nature un nœud de problèmes et de relations, le Junior-Entrepreneur apparait comme un excellent repreneur ou développeur de projet au sein d’une entreprise ou d’une organisation déjà existante.

Sa capacité à passer d’une posture de manager à une posture d’entrepreneur, tout en pilotant des projets de groupe, marqués par la dimension d’entreprise, fait de lui le parfait intra-preneur qu’une entreprise peut rechercher.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *